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Sommeil et stress : faites-en des alliés !
Quoi qu’on en dise, le stress est un phénomène naturel et indispensable à la vie depuis l’origine de l’humanité ! Mais les causes de stress sont à présent bien plus variées qu’au temps de nos ancêtres. à l’origine, le stress était lié à l’instinct de survie : il fallait fuir devant un danger ou l’affronter pour l’éliminer. Aujourd’hui, notre société moderne limite ces instincts primaires : difficile en effet de se jeter sur un collègue de travail qui nous crée des problèmes et peu plaisant aussi de s’effacer devant lui ! Il faut donc apprendre à faire avec ce stress, avant que notre santé en pâtisse. Description d’un phénomène pas si nouveau et conseils pratiques dans le carnet ci-joint. Le stress est nécessaire à notre survie Notre vie quotidienne est parsemée de tracas importants ou légers auxquels nous devons faire face : la fébrilité d’un premier rendez-vous, une séparation douloureuse, un déménagement, d’interminables embouteillages sont parmi tant d’autres des évènements qui rendent le quotidien stressant. Mais le stress n’est finalement que la réponse de notre organisme à ces perturbations. Ce en quoi il est tout à fait naturel et essentiel à notre survie puisqu’il nous fait prendre conscience des dangers qui nous guettent : le stress impose notre adaptation à chaque nouvelle situation et évite que l’on soit passif, indifférent face aux évènements de notre vie. Le stress que l’on peut ressentir n’est donc pas forcément négatif : il nous permet d’agir, il est source d’une énergie qui nous aide à mobiliser toutes nos ressources (Sarah Bernhardt l’avait bien compris : le trac d’un artiste talentueux lui permet d’aborder sa représentation avec la concentration nécessaire : sans ce stress, l’excès de confiance pourrait le mener à l’échec !). Comment l’organisme réagit-il face au stress ? Dès que nous percevons un danger, nos organes sensoriels alertent le cerveau et l’hypothalamus se charge de l’activation de nos systèmes de défense. Si le stress est de courte durée, l’hypothalamus commande la sécrétion de l’hormone d’urgence : l’adrénaline. Cette dernière va mobiliser toutes les capacités de notre organisme pour qu’il soit instantanément capable de faire front. L’adrénaline, libérée par les glandes surrénales, provoque l’augmentation du rythme cardiaque pour permettre une meilleure oxygénation du cerveau et des muscles, élève la tension artérielle et facilite la libération du sucre conservé dans le foie, fournissant ainsi une énergie immédiate. Les pupilles se dilatent et permettent une meilleure vision alors que nos capacités de réflexion, de concentration et de mémoire sont améliorées. Phases d’alarme, de résistance, puis d’épuisement Il est fascinant de constater que, quelle que soit la cause du stress, la réponse biologique de notre organisme sera systématiquement la même ; c’est uniquement notre comportement face à cette réponse qui diffère, en fonction de notre caractère, de notre expérience et de notre façon d’appréhender les évènements : au-delà de la cause de stress, c’est le sens qu’on lui donne qui est important. Mais ce processus ne dure que quelques minutes. Si le stress perdure, l’organisme est sollicité pour résister à cette pression continue et propose une réponse prolongée : d’autres ressources sont alors mobilisées, d’autres hormones sont sécrétées.
L’hypophyse sécrète alors l’ACTH (la corticostimuline), une hormone qui permet de libérer le cortisol dans le sang, favorisant ainsi une adaptation à long terme de notre organisme (notamment en reconstituant le stock de sucre). Mais quand on ne parvient décidément pas à éliminer la cause de stress ou quand elle se répète, les ressources énergétiques de notre organisme s’épuisent et - confronté à cette pression qui dure - on finit par craquer : notre santé est alors en danger. Qu’est ce qui nous stresse ? Des études récentes démontrent que le nombre d’individus qui se disent stressés a doublé en dix ans dans les pays industrialisés. Ce problème est également à l’origine de plus en plus de consultations médicales et cela quelque soit l’âge. Deux causes de stress sont fréquentes : d’une part le temps qu’on ne parvient pas à maîtriser et d’autre part nos relations avec les autres (tisser des relations sociales, prouver sa valeur à son entourage). Ces deux causes se manifestent dans tous les domaines :
Quand l’épuisement s’installe Dès que le niveau de stress dépasse les capacités de réponse de notre organisme, l’épuisement qui s’en suit provoque divers troubles. Selon les personnes, cela débute par de l’irritabilité, de l’agressivité ou de l’hyperactivité. Peuvent également apparaîtrent des palpitations, des contractures, des maux de tête (généralement d’intensité modérée et accompagné de tensions dans les muscles du cou), etc. À long terme, le stress peut aussi favoriser l’installation de pathologies dermatologiques (eczéma, psoriasis, acné, herpès labial...), réduire nos défenses immunitaires (problèmes d’allergies, asthme) et provoquer des problèmes cardiovasculaires : les personnes stressées de façon chronique ont plus de risque que les autres d’être victimes d’accidents vasculaires. L’appareil digestif est également souvent touché (surtout le colon et l’estomac). On ressent des brûlures, des aigreurs d’estomac, de la constipation ou au contraire des diarrhées. Plus gravement des ulcères gastriques peuvent apparaître. Le stress peut aussi provoquer des élévations de la tension néfaste à long terme (élévation qui disparaît une fois que le stress disparaît, s’il n’y a pas de dysfonctionnement artériel par ailleurs). Un risque de poids Le stress peut jouer un rôle déterminant dans la prise de poids. Pour trouver du réconfort dans des situations stressantes, la nourriture est parfois un moyen choisi pour réduire l’anxiété. Et c’est naturellement vers les aliments que l’on apprécie le plus que se focalise notre envie, aliments généralement sucrés ou gras : la culpabilité qui en découle ne fait bien sûr que renforcer le mal être ! Il faut donc apprendre à s’alimenter correctement : faire un bon petit déjeuner et manger léger le soir. Faire également attention au café, tabac et alcool, dont l’action déstressante n’est que temporaire. Retrouver le sommeil Les troubles du sommeil sont très fréquents chez les personnes stressées et émotives (un français sur quatre souffre d’insomnies). Endormissements difficiles, cauchemars, réveils fréquents ou réveils très matinaux (souvent chez les personnes dépressives) sont autant de formes d’insomnies qui gâchent notre repos.
Or, puisque un tiers de notre vie est consacré au sommeil, c’est un problème qu’il faut résoudre : mais avant d’envisager un traitement, il faut bien définir les causes et distinguer les troubles du sommeil occasionnels (qui ne durent pas plus d’un mois et qui sont dus à des circonstances ou des évènements particuliers) des troubles chroniques (qui durent depuis plus d’un mois et qui nécessitent une consultation médicale). Pour combattre les nuits blanches, pensez à éliminer quelques mauvaises habitudes et à améliorer votre hygiène de vie ; des techniques de relaxation pour évacuer le stress de la journée s’avèrent également souvent efficaces (voir tous les conseils pratiques dans le carnet ci-joint). Votre pharmacien peut également vous aider à retrouver le sommeil par un traitement homéopathique. Par contre les anxiolytiques et les hypnotiques ne doivent pas être consommés ni trop longtemps ni pris à la moindre contrariété (risque important de dépendance). Ils doivent servir à passer un cap difficile, quand nos capacités de réponse au stress sont dépassées. Ils doivent toujours être prescrits par un médecin et c’est lui qui en fixe la posologie. Le risque de la dépression Sans prise en charge, le stress peut aussi mener à une véritable dépression. Les causes les plus fréquentes sont naturellement parmi les plus graves qui soit : deuil du conjoint, séparations douloureuses, chômage et situation sociale ou professionnelle insatisfaisante. La dépression se caractérise par un ralentissement psychomoteur (une sensation de fatigue qui rend toutes les activités difficiles) et une douleur morale (baisse du tonus mental, tristesse permanente et pessimisme disproportionné). On perd également le sens de la notion de plaisir et le désinvestissement dans la vie professionnelle, familiale et sociale mène le plus souvent à une situation d’isolement et de rejet. Les femmes sont plus concernées par la dépression (question d’hormones sexuelles dont l’influence est prépondérante dans la transmission des influx nerveux). Contrairement aux idées reçues, la dépression n’est pas qu’un simple « état d’âme » mais bien une maladie qui se guérit par une prise en charge médicamenteuse et/ou psychologique. La dépression s’installe progressivement en quelques jours ou quelques semaines et la seule volonté ne suffit pas pour s’en défaire. Sans prise en charge, elle peut durer des années et entraîner des psychoses. Pour traiter une dépression passagère et mineure, certaines plantes possèdent une action stimulante bénéfique (caféine ou ginseng), calmantes et sédatives (aubépine, houblon, passiflore notamment). Des gélules ou teintures de millepertuis sont aussi traditionnellement utilisées dans les manifestations de dépression légère (mais attention : de nombreuses interactions médicamenteuses nécessitent le conseil du pharmacien avant leur usage !). Pour les cas les plus sérieux, les antidépresseurs constituent le traitement essentiel : il est important d’en respecter la posologie car seule une prise régulière pendant un mois permettra au médecin de juger de l’efficacité du traitement ou en cas d’inefficacité de changer de molécules. Les molécules utilisées dans ces traitements existent sous forme de médicament générique.
Philippe Wolff |
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