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Le lin : utile de toutes ses fibres

Depuis les temps les plus anciens, on retire de la tige de lin une fibre qui sert à la fabrication de tissus et qui en fait le plus vieux textile du monde. Également utilisé pour ses bienfaits thérapeutiques, le lin possède des propriétés laxatives et permet de lutter contre les inflammations.

Plus vieux textile du monde

De la famille des linacées, le lin (linum usitatissimum L. de son nom latin) est une grande plante annuelle à feuilles lancéolées qui peut atteindre jusqu’à un mètre de hauteur. Ses feuilles sont d’un vert grisâtre, les fleurs sont de couleur bleu ciel qui donnent naissance à des capsules contenant des graines brunes. Le lin est récolté pendant l’été, avant que les graines ne soient entièrement mûres et ne tombent au sol.

Originaire du bassin méditerranéen, le lin est aujourd’hui cultivé un peu partout sous les climats tempérés et tropicaux. Considéré comme le plus vieux textile du monde (on en a retrouvé dans les cités lacustres suisses datant de 8 000 ans av. JC.), cette plante est utilisée depuis fort longtemps pour la qualité de ses fibres tirées de la tige et qui servent à la fabrication de tissus.

Pline l’Ancien, le célèbre naturaliste romain, signalait par exemple l’utilisation qu’en faisaient les Romains pour tisser les voiles de leur flotte, et remarquait au passage que la « blancheur et la finesse remarquable » des fils de lin permettaient de si bien rapprocher « l’Egypte de l’Italie en recevant les vents et les tempêtes ».

Une plante aux multiples fonctions

En Égypte, on a découvert l’utilité du lin tissé il y a près de 8 000 ans. Il avait alors deux utilisations principales : la fabrication de vêtements de luxe et la momification (grâce à la qualité de conservation et de résistance exceptionnelle du lin). En France le lin fut également utilisé très tôt et son artisanat commença à se développer sous le règne de Charlemagne pour devenir, au fil des siècles, un véritable facteur économique : le lin a ainsi beaucoup servi pour la fabrication de peinture, de cordes, de bandages notamment mais aussi comme huile de cuisine ou comme combustible.

La production ne fît cependant pas que des heureux car le traitement par rouissage (qui consiste à immerger la plante dans l’eau pendant quelques jours pour décoller la fibre du bois de la tige) provoquait des odeurs nauséabondes dans les environs (les paysans-tisserands faisaient d’ailleurs construire des calvaires et des enclos paroissiaux pour se faire pardonner l’odeur âcre du rouissage).

Une plante made in Normandie

Aujourd’hui, l’Europe est le premier producteur de fibres de lin avec près des deux tiers de la production mondiale. À elle seule, la Normandie représente près de la moitié des surfaces européennes cultivées. De plus le lin européen se veut écologique : il est vrai qu’il requiert cinq fois moins d’intrants (comme les pesticides ou les engrais) que le coton, notamment parce que sa culture est rotative et parce qu’il n’épuise pas les sols. D’ailleurs le lin n’a besoin ni d’énergie ni de solvants pour se transformer en fibre.

Malgré tout, le lin a subi de plein fouet la concurrence du coton ainsi que l’arrivée des fibres synthétiques au début du XXe siècle. Heureusement, il connaît aujourd’hui un renouveau car depuis le début de ce siècle, sa production est largement remontée.

Toujours apprécié pour ses qualités thérapeutiques

Les techniques de mouture et de cuisson de la graine de lin ont été transmises de génération en génération, pour soigner le bétail comme les gens, pour confectionner les cataplasmes à base de farine de lin. Très vite employées comme un « aliment santé », les graines de lin sont reconnues pour traiter la constipation chronique et sont donc employées comme laxatif : ces graines parviennent à absorber les liquides intestinaux, contribuent à ramollir les selles et facilitent leur évacuation.

Grâce à leur richesse en mucilage, elles prodiguent un effet calmant et anti-inflammatoire ce qui réduit l’irritation du côlon dans les affections comme la colite par exemple.

Riche en Oméga 3

De plus, les graines de lin possèdent des doses intéressantes d’acides gras essentiels Oméga 3 (l’acide alpha-linolénique) que l’on trouve habituellement dans les huiles de poisson. Cet acide gras est bénéfique pour le système cardiovasculaire et utile dans la prévention des cancers, notamment celui du sein ou de l’endomètre.

Attention cependant car l’huile de graines de lin rancit très facilement et perd donc rapidement de son efficacité. Pour plus de renseignements, demandez conseil à votre pharmacien.

Mode d’emploi
- Contre la constipation : prendre une vingtaine de graines entières avec un grand verre d’eau, 3 fois par jour. Ou alors en macération de 20 g de graines dans un litre d’eau froide à laisser une nuit (puis filtrer et prendre un verre le matin à jeun puis 4 autres au cours de la journée, en dehors des repas).
- Contre les inflammations cutanées douloureuses : faire infuser de 30 g à 50 g de graines écrasées ou moulues, durant 10 à 15 minutes, puis appliquer en cataplasme chaud et humide.

Philippe Wolff


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