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N°36 - juin 2006 > RENDEZ-VOUS

Préparez-vous au soleil en toute sérénité

Certes le soleil participe à la guérison de certaines pathologies cutanées comme le psoriasis et à la synthèse de la vitamine E ou de la vitamine D. Mais les expositions non maîtrisées comportent de nombreux dangers : pour ne pas subir de conséquences néfastes à court ou à long terme, il faut acquérir un comportement responsable car c’est la seule méthode de prévention efficace. Comment pratiquer le soleil avec plaisir ? Comment bronzer en toute sécurité ? Votre pharmacien Pharmélia vous donne ici ses conseils éclairés.


Les coups de soleil

Selon la carnation de notre peau, la couleur des cheveux et la présence de taches de rousseur, notre aptitude à nous défendre face aux rayonnement solaire varie et nous expose plus ou moins aux coups de soleil. La couleur de la peau est en effet déterminée par des pigments qui servent à protéger l’épiderme ainsi que les couches profondes de la peau des différentes agressions externes, notamment celle des rayons ultraviolets : leur répartition variable d’un individu à l’autre détermine donc notre phototype et classe les types de peaux (voir le tableau).

Et à niveau d’ensoleillement équivalent, les peaux laiteuses subissent des dommages cutanés plus rapidement que les peaux mates. Il y a deux pigments mélaniques à l’origine de ces inégalités : les eumélanines (couleur brun-noir, chez les personnes à peau mate : ces pigments parviennent à absorber une grande partie des UVB) et les phaeomélanines (couleur jaune-brun, pour les autres types de peaux : leur pouvoir protecteur est bien moindre).

Le mal le plus fréquent provoqué par le soleil est évidemment ce qu’on appelle un coup de soleil, c’est-à-dire une brûlure : apparaissant entre 2 et 7 heures après une mauvaise exposition, le coup de soleil peut persister entre 3 et 8 jours. Au premier degré ces brûlures sont de simples rougeurs douloureuses et au second degré, quand la peau devient rouge vif et ne supporte plus le frottement des vêtements, elles laissent apparaître des cloques (où la peau se décolle).

Classement des phototypes

- Phototype 1 : Roux à peau laiteuse, brûle toujours et ne bronze pas, indice de protection 50 +
- Phototype 2 : Blond à peau claire, brûle toujours, bronze peu, indice de protection 30 à 50 +
- Phototype 3 : Blond à châtain à peau claire et mate, brûle modérément, bronze progressivement, indice de protection 15 à 50
- Phototype 4 : Brun à peau mate, brûle faiblement, bronze facilement, indice de protection 8 à 25
- Phototype 5 : Brun à peau très mate, brûle rarement, bronze très facilement, indice de protection 8 à 12
- Phototype 6 : Peau noire, ne brûle pas, indice de protection 2 à 12

Deux types de cancers cutanés

Malgré les appels répétés à la prudence et au contrôle des expositions intenses au soleil, les statistiques montrent que les cancers de la peau sont de plus en plus fréquents puisqu’on diagnostique deux millions de nouveaux cas chaque année dans le monde (en France les cancers cutanés représentent près de 6 000 nouveaux cas annuellement).

Le premier type de cancer de la peau, le plus fréquent aussi (90 % des cas), est le carcinome. Quand il s’agit d’un carcinome basocellulaire, c’est-à-dire celui qui reste limité à la peau, il touche surtout les personnes âgées de plus de 40 ans qui sont généralement atteintes au niveau du visage (particulièrement sur les zones de coups de soleil antérieurs). Après un traitement chirurgical, ces cancers guérissent complètement.

Moins courant, le carcinome spinocellulaire qui apparaît chez les personnes à peau claire et dans le cas d’exposition chronique de zones de la peau aux rayonnements du soleil. Le traitement est également chirurgical. Mais, bien plus dangereux que le carcinome, le mélanome est le second type de cancer. Alors que les cas de mélanomes doublent tous les dix ans, il faut savoir que son dépistage tardif peut conduire à la mort en raison de son fort pouvoir de propagation dans l’organisme (1 000 personnes en meurent chaque année dans l’hexagone).

Le mélanome (mot qui vient du grec melas, noir) touche tous les âges et apparaît généralement sur une peau saine à n’importe quel endroit du corps ou, plus rarement, débute à partir d’un grain de beauté existant. Les mélanomes les plus fréquents se situent chez les hommes au niveau du dos et chez les femmes au niveau des jambes.

Le dépistage est donc essentiel, tout comme la prévention, pour pouvoir l’éviter ou, à défaut, traiter un mélanome à un stade où il est encore curable (tous les conseils de votre pharmacien dans le carnet pratique au centre de ce magazine).

L’autosurveillance pour rechercher d’éventuels mélanomes

5 étapes successives :
- observer le corps, les bras levés de face, de côté et de dos ;
- inspecter les avants bras, le dessus et le dessous des bras ainsi que les paumes des mains ;
- examiner l’arrière des jambes, les orteils et la plante des pieds ;
- avec un miroir, regarder l’arrière du cou et le cuir chevelu ;
- terminer par le bas du dos et les fesses.

La lucite estivale

Autre désagrément dû au soleil : la lucite estivale. Ces petits boutons qui couvrent le décolleté (plus rarement les épaules et les bras) après à peine quelques minutes d’exposition au soleil, touchent les femmes dans 90 % des cas. La lucite estivale se déclare généralement entre 15 et 25 ans.

Apparaissant lors des premières expositions solaires importantes du printemps ou de l’été, ces boutons disparaissent en une dizaine de jours, sans cicatrice. Pour calmer les démangeaisons, des crèmes antihistaminiques sont disponibles chez votre pharmacien qui vous conseillera également d’éviter les expositions dans les jours qui suivent l’apparition des boutons, puis de vous exposer très progressivement tout en utilisant une crème solaire adaptée (consultez un dermatologue dans les cas les plus sévères).

Malheureusement la lucite estivale récidive généralement l’année suivante en prenant souvent un caractère plus sévère : cette allergie solaire est due en grande partie à l’action des UVA contre lesquels une protection est possible.

Le photo-vieillissement

Phénomène également fréquent : le photo-vieillissement. Lorsque les expositions solaires répétées et intenses entraînent l’apparition de taches pigmentaires, on parle de photo-vieillissement : en effet la peau vieillit d’une manière plus apparente sur le visage, le cou, la nuque, le dos des mains et des avant-bras et des taches brunes apparaissent ainsi que des rides. La peau peut devenir jaune et plus épaisse sur les joues et la nuque, alors qu’elle s’amincit et se fragilise sur le dos des mains et des avant-bras : en cas de taches, des soins dépigmentants efficaces existent en pharmacie, dont les premiers résultats apparaissent généralement au bout de 4 à 6 semaines.

Attention aux yeux

Dernier souci majeur : le soleil peut être néfaste pour nos yeux. Les ultraviolets sont en effet absorbés par le cristallin ce qui peut contribuer à accélérer la formation de cataracte. D’ailleurs ces risques existent dès le lever du soleil (d’autant plus que le ciel est dégagé) : une simple promenade dans les rues, à midi, expose vos yeux à ces rayons ultraviolets. Sachez que si des verres teintés arrêtent les rayonnements visibles et préservent de l’éblouissement, ils ne sont cependant pas filtrants et n’arrêtent par les rayons UV invisibles qui inonderont dangereusement l’œil (il faut toujours s’assurer du marquage CE sur les lunettes, garantissant ainsi les normes de sécurité).

La prévention contre les coups de soleil

Avant de choisir ses protections solaires, il faut donc déterminer le phototype ainsi que le type d’exposition auquel on doit s’attendre (en altitude, en bord de mer, sous les tropiques : ce sont autant de situations différentes qui nécessitent une protection adaptée).

Il faut absolument se protéger contre les rayons UVB (5 % du rayonnement solaire) mais aussi UVA (95 % du rayonnement solaire) qui sont tout aussi dangereux. 10 % des rayons UVB traversent l’épiderme et sont responsables des brûlures, des rougeurs et du vieillissement de la peau. Quant aux UVA, on sait désormais que plus de 50 % pénètrent dans les couches profondes de la peau et sont responsables des allergies, des réactions cutanées anormales ainsi que du vieillissement cutané accéléré.

L’indice SPF (solar protection factor) qu’on trouve sur les crèmes solaires permet de savoir à quel degré le produit protège des coups de soleil : votre pharmacien saura vous conseiller la crème solaire adaptée à votre peau : il est important d’avoir une bonne protection face aux 2 types de rayons UV.

La protection des enfants

Une idée reçue largement véhiculée laisse entendre que les coups de soleil de l’enfance permettent de préparer la peau pour la rendre moins vulnérable à l’âge adulte : c’est faux ! La peau des enfants est très différente de celle des adultes : elle est encore immature car l’épiderme et le film hydrolipidique, mince et peu résistant, ne remplissent pas leur rôle de protection en laissant passer les rayons UV.

Or préserver notre capital soleil au cours de l’enfance est essentiel : les expositions précoces et intenses au soleil avant la puberté augmentent fortement le risque de cancers cutanés à l’âge adulte car la peau mémorise tout (plus les expositions sont intenses et répétées plus la capacité d’adaptation au soleil est compliquée et plus les dommages cutanés apparaissent rapidement).

Comme l’enfance est une période de grande exposition solaire (loisirs de plein air), apprenez aux enfants les bons gestes décrits dans le carnet pratique ci-joint pour les préserver et sachez que plus ces gestes sont appris tôt, plus ils auront de chance d’être perpétués tout au long de la vie.

La prévention des cancers

Le principal facteur de risque des cancers cutanés est l’excès de soleil : le mélanome est ainsi de plus en plus fréquent chez les individus adeptes des cabines à UV ou les personnes ayant subies de nombreux coups de soleil durant leur enfance : en cas de brûlures solaires reçues au cours l’enfance, le risque d’un mélanome double.

Le deuxième facteur de risque est d’ordre génétique : la survenue d’un cancer cutané est plus fréquente chez les personnes ayant des antécédents familiaux de mélanome. Ces personnes doivent donc être particulièrement vigilantes tout comme les individus à teint clair et ceux dont le corps présente plus de 15 grains de beauté dont le diamètre est supérieur à 5 mm : les personnes couvertes de grains de beauté doivent être vigilantes mais elles sont loin d’être les seules puisque 2 cancers sur 3 concernent les personnes à peau uniforme...

Les peaux noires et métissées

Les peaux métissées ou noires ont certaines spécificités qui les différencient des peaux blanches et qui les protègent mieux des agressions solaires. Cela grâce à une production accrue de mélanine ainsi qu’à une plus importante fabrication de pigments qui se répartissent sur la totalité des couches cutanées de l’épiderme. Mais les peaux noires sont néanmoins soumises aux coups de soleil après une longue période sans exposition solaire ainsi qu’au phénomène de photo-vieillissement : une protection solaire moyenne est donc recommandée.

La crème solaire : la base de toute protection

Appliquer une quantité suffisante d’une crème solaire adaptée sur toutes les zones exposées au soleil est un geste incontournable (or on sait que moins de 60 % de la population utilise les protections solaires...) Attention ! L’utilisation d’une protection solaire à indice élevé n’autorise absolument pas à s’exposer de manière inconsidérée, l’inscription « écran total » qui devrait disparaître ne signifie pas que l’on bénéficie d’une protection absolue.

La seule vraie protection est celle qui est conférée par les vêtements et un chapeau à larges bords. Pour les bébés, en tout cas, c’est la seule admise. Or depuis leur avènement, on constate que les personnes qui appliquent ces crèmes « écran total » se sentent autorisées à prolonger les expositions : c’est une erreur car, pour être efficace, l’application doit systématiquement être renouvelée toutes les deux heures. D’autant que la plupart des écrans totaux protègent bien des rayons UVB responsables des coups de soleil mais ne protègent que partiellement des UVA, tout aussi dangereux.

De plus, sachez qu’il faut être extrêmement prudent quant à l’usage des lampes à bronzer car les UVA composent la lumière émise par ces lampes (les statistiques montrent que la fréquentation de ces cabines multiplie par deux le risque de développer un cancer de la peau).

L’indice FPS Le seul indice important à consulter en achetant une crème, c’est l’indice FPS et quelle que soit la marque, cet indice correspond au même niveau de protection (la valeur de l’indice SPF est la même dans le monde entier). Dans un souci de compréhension et d’harmonisation de l’étiquetage, l’Afssaps recommande désormais la classification des produits solaires en quatre catégories (protection faible FPS 6-8-10 ; protection moyenne FPS 15-20-25 ; protection haute FPS 30-40-50 et protection très haute FPS 50+).

Pour terminer en beauté

Il existe de nombreuses aides au bronzage avec, en premier lieu, les compléments alimentaires. Pris au moins 15 jours avant les expositions et jusqu’à un mois après la fin des vacances sous le soleil, ils permettent de préparer la peau au bronzage et de faciliter ce dernier.

Ces capsules à base de caroténoïdes préparent la peau à recevoir les ultraviolets en favorisant la pigmentation de l’épiderme grâce aux acides gras essentiels qu’ils contiennent et aux actifs comme la vitamine C, E, polyphénols, sélénium (qui facilitent le bronzage et ralentissent le vieillissement cutané en agissant contre les radicaux libres). On pense d’ailleurs que ces compléments alimentaires constitueraient une aide intéressante à la prévention de la lucite estivale. Cependant, attention, car ces compléments ne protègent absolument pas la peau des méfaits du soleil : une crème solaire reste toujours indispensable lors de l’exposition au soleil.

Et pour vous aider à arriver sur votre lieu de vacances avec un teint déjà joliment hâlé (et donc de réduire les tentations d’expositions trop longues) votre pharmacien peut aussi vous conseiller des autobronzants, qui, en quelques heures parviennent à matifier votre peau. Ils contiennent en effet un actif colorant qui se combine avec des acides aminés des protéines de la peau et donnant une coloration brune (pour une teinte uniforme et sans trace, mélanger une petite quantité avec un lait corporel. Attention, les autobronzants ne protègent pas du soleil). <

L’index UV

Sans rapport avec les chiffres inscrits sur les produits solaires, l’index UV quantifie l’intensité du rayonnement solaire et précise donc le risque lié au soleil. Cet index est variable selon l’endroit, l’heure et la saison. Un index de 1 à 2 correspond à un rayonnement faible, 3 à 4 modéré, 5 à 6 déconseillé aux plus jeunes et à partir de 9 il est recommande aux enfants de rester à l’intérieur. L’index UV est consultable tous les jours sur www.infosoleil.com

En septembre 2006, votre prochain rendez-vous : « comment bien vivre ses 50 ans ? »

Philippe Wolff





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