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L’herpès : des virus très contagieux

Près de douze millions de personnes souffriraient en France d’herpès. Si les conséquences médicales sont le plus souvent bénignes, son impact psychologique peut être important, jusqu’à perturber la vie sociale, professionnelle et sexuelle. Les virus de l’herpès sont en constante progression car beaucoup de malades ignorent qu’ils en sont porteurs : la priorité est donc de consulter un médecin et d’éviter de transmettre le virus à son entourage.

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Plusieurs zones sensibles

Provoqué par deux types de virus très proches l’un de l’autre, l’herpès est une maladie chronique. Responsable du fréquent « bouton de fièvre », l’herpès labial est le plus souvent dû au virus herpès de type 1. Sans gravité pour les personnes en bonne santé, il disparaît en quelques jours sans laisser de traces. Un danger tout de même : une éventuelle diffusion à l’œil qui peut entraîner un herpès oculaire, pouvant provoquer une baisse importante et définitive de la vision (faisant de l’herpès la première cause de cécité d’origine infectieuse). Les porteurs de lentilles doivent être particulièrement attentifs.

Pour minimiser le risque, il ne faut pas se frotter les yeux et éviter de toucher les vésicules. En effet, dans le cas de l’herpès oculaire, il s’agit le plus souvent d’une autocontamination : le simple fait de toucher un bouton de fièvre peut entraîner la contamination d’un autre endroit du corps par l’intermédiaire des mains (au niveau des yeux, mais aussi le nez, les doigts…)

L’herpès génital

Quant à l’herpès génital, première infection sexuellement transmissible (dans les pays industrialisés), il reste certainement la forme la plus handicapante, touchant 2 millions de Français. L’herpès génital est le plus souvent dû au virus herpès de type 2.

Si l’herpès labial ne présente pas de tabou particulier, la confidence est plus délicate concernant l’herpès génital car cela touche à la sphère intime. Ainsi, 60 % des porteurs du virus ne sont pas diagnostiqués et les personnes qui se savent infectées ressentent souvent de la honte et préfèrent se taire, risquant ainsi de contaminer leurs partenaires.

Des virus très contagieux

La transmission du virus d’une personne à une autre se fait en effet par simple contact avec les lésions (un baiser, une relation sexuelle mais aussi la pratique des sports de contact) mais une fois infecté, c’est pour la vie. Cependant nombreux sont ceux qui hébergent le virus herpès sans le savoir ; d’ailleurs huit fois sur dix, le premier contact avec le virus passe inaperçu. S’installant dans les ganglions nerveux à proximité de l’endroit où la personne a été infectée (situés à l’arrière du cou pour l’herpès labial et au bas du dos pour l’herpès génital), le virus y reste silencieux et se multiplie généralement sans que l’on s’en aperçoive (dans 90 % des cas). À l’abri, le virus entre dans une phase de latence pendant une période parfois très longue et durant laquelle il est impossible à déloger.

Précisons également que le virus ne peut pas se transmettre en dehors d’un contact étroit entre deux personnes (pas de contamination possible à la piscine ou aux toilettes publiques). Par ailleurs, l’espèce humaine est la seule à véhiculer le virus, il n’y a pas de contamination par l’intermédiaire d’animaux.

Les poussées d’herpès

Quand il se manifeste lors des poussées herpétiques, les crises sont d’une intensité et d’un rythme variable, en fonction des capacités de défense immunitaire différentes d’une personne à une autre. Les poussées d’herpès sont généralement précédées par quelques signes annonciateurs comme des rougeurs, des fourmillements ou des picotements désagréables ainsi qu’une sensation de brûlure.

Un fort risque de contagion

Lorsqu’une poussée arrive, la zone rougit, le bouton grossit, devient chaud et douloureux avant de donner naissance à des petites vésicules, qui se fendillent, suintent et forment une pellicule blanchâtre, puis des croûtes brunâtres. Ces vésicules finissent ensuite par sécher et disparaissent en une dizaine de jours. Ces petites cloques ne doivent pas être grattées ou désinfectées avec de l’alcool. Le risque de contagion est particulièrement fort durant toute cette période de crise ; les mesures hygiéniques doivent donc être respectées jusqu’à cinq jours après la cicatrisation complète : il faut toujours bien se laver les mains, ne pas partager ses affaires de toilette, éviter les embrassades et les contacts avec des enfants, des femmes enceintes et toute personne aux défenses immunitaires affaiblies.

Concernant l’herpès génital, l’utilisation du préservatif est incontournable pour toutes pratiques sexuelles, y compris au cours des périodes de repos du virus. En cas de poussées, le préservatif protège des lésions qui seront localisées sur le sexe, mais s’il en existe à proximité des organes sexuels, la seule solution est l’abstinence.

Ce qui déclenche les crises

- La fatigue et le stress ;
- les décalages horaires ;
- le soleil pour l’herpès labial (utiliser un stick écran total) ;
- les températures très froides ou très chaudes ;
- la fièvre ;
- les règles ;
- l’alcool ;
- les relations sexuelles.

Rappelons aussi que l’herpès n’est pas une maladie liée au manque d’hygiène.
En revanche, le virus ne survit pas à l’extérieur du corps : il ne peut donc y avoir de contamination possible par la cuvette de WC, la piscine, etc.

Des traitements efficaces

S’il n’est pas possible de guérir du virus de l’herpès (les traitements n’ont pas d’effet sur le virus au repos), on peut par contre agir lorsqu’il sort de sa réserve, pour bloquer la multiplication dans nos cellules. L’efficacité des traitements antiviraux est renforcée s’ils sont débutés dès les premiers symptômes (c’est pourquoi il est utile de disposer d’une boîte d’avance chez soi), ils peuvent limiter la contagion, réduire la douleur et accélérer la cicatrisation.

Votre pharmacien peut aussi vous conseiller un traitement préventif en cas de crise fréquente (plus de 6 par an) permettant de réduire efficacement la fréquence des poussées : l’aciclovir est la principale molécule utilisée contre l’herpès et existe sous forme de médicament générique.

On la recommande par traitement interne dans les récidives d’infection, les infections sévères ou en prévention chez les sujets immunodéprimés tandis que les applications locales peuvent calmer la douleur et la gêne. Il faut intervenir très tôt, dès les premières sensations de brûlures ou de picotements, et renouveler les applications au moins six fois par jour. Par contre, il ne faut jamais utiliser d’alcool.

Pour éviter la contagion

- Consulter son médecin dès les premiers symptômes ;
- ne pas toucher ou gratter les zones lésées ;
- ne pas mettre de pansements car l’air sec favorise la guérison ;
- utiliser un préservatif dans les cas d’herpès génital, voire s’abstenir totalement lors des poussées ou si les parties lésées ne sont pas protégées par le préservatif ;
- se laver soigneusement les mains après un contact avec la lésion ;
- ne pas partager son linge de toilette (gants, serviettes) ;
- ne pas porter de vêtements serrés ;
- éviter tout contact avec la bouche, en cas d’herpès labial ;
- ne pas être en contact avec des femmes enceintes, des personnes atteintes d’eczéma, des nouveaux-nés ;
- éviter de toucher les yeux, afin d’éviter toute contamination oculaire.

Les dangers de l’herpès

L’herpès génital peut avoir de graves conséquences sur le système nerveux du bébé, c’est pourquoi une césarienne est pratiquée lors de l’accouchement si une poussée d’herpès a lieu à ce moment.

Mais la contamination peut également avoir lieu pendant la grossesse, lorsque l’organisme de la future maman rencontre pour la première fois le virus de l’herpès, qui peut passer par le sang maternel et atteindre le fœtus. Et bien sûr, le virus peut également être transmis après la naissance, par un simple contact avec une personne atteinte d’herpès labial (par contre, le virus de l’herpès ne passe pas dans le lait maternel : le seul cas où l’allaitement est à proscrire est celui où l’herpès est localisé sur le bout des seins).

Ainsi, pour un couple, s’il y a déjà eu des poussées d’herpès, il faut :
- prévenir systématiquement le médecin qui suit la grossesse ;
- surveiller la moindre douleur à proximité des organes sexuels (comme des démangeaisons, des brûlures ou picotements ou encore une gêne qui revient régulièrement) et en parler à son médecin ;
- s’abstenir de tout rapport sexuel en période de poussée d’herpès ;
- se protéger par un préservatif, même en dehors des poussées d’herpès.

Par ailleurs, en cas de poussée d’herpès, il faut également éviter les contacts avec les enfants en bas âge, avec les personnes qui font de l’eczéma et avec les personnes dont le système immunitaire est affaibli (par un cancer, le sida ou une transplantation d’organe, par exemple).

LA PEAU ET L’ENVIRONNEMENT

Chez les individus particuliers, présentant un terrain génétique prédisposant, les agressions de l’environnement peuvent induire des maladies très fréquentes, comme la dermatite atopique que l’on observe chez 20 % des enfants ou le psoriasis qui atteint 2 à 3 % de la population européenne. Les agressions chimiques peuvent être responsables des dermites d’irritation ou des allergies de contact. Ces deux types de maladies sont parmi les plus fréquents des maladies professionnelles. L’agression par les ultraviolets est l’un des meilleurs exemples des interactions entre l’environnement et la santé. À faibles doses, les ultraviolets sont bons pour la santé. À fortes doses, ils sont responsables d’un vieillissement accéléré et des carcinomes cutanés.

Philippe Wolff


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