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Défendre santé et environnement geste n°16 : Bien gérer les médicaments

Santé et environnement sont étroitement liés : la première dépend de plus en plus du second et notre environnement est lui, de plus en plus détérioré par la mauvaise gestion des déchets médicamenteux. Les médicaments sont devenus indispensables au progrès et à la survie des populations actuelles et ils apportent une contribution majeure à l’amélioration de la santé ainsi qu’à la qualité des soins. Mais d’un autre côté quels gestes peuvent être entrepris pour protéger la Nature des pollutions engendrées par ces substances toxiques souvent rejetées de manière irresponsable ?

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La pollution liée aux médicaments

La présence de traces de substances médicamenteuses a été largement établie à l’échelle mondiale surtout dans les eaux superficielles et souterraines, dans les boues des stations d’épuration utilisées dans l’agriculture et dans les sols.

La présence de résidus de substances médicamenteuses dans les eaux est liée à des rejets émis depuis la fabrication des principes actifs ou des spécialités pharmaceutiques, puis leur utilisation en milieu hospitalier ou ambulatoire, leurs utilisations vétérinaires ou nutritionnelles à des fins d’élevage animal, y compris la pisciculture, jusqu’à la gestion des médicaments de l’armoire à pharmacie des particuliers, à la collecte et la destruction des médicaments non utilisés que l’on dénomme MNU.

Les rejets de substances médicamenteuses ont différentes origines :
- les urines et les fèces de la population humaine et des animaux de compagnie et d’élevage ;
- l’industrie chimique et pharmaceutique et les établissements de soins ;
- les élevages industriels animaux et piscicoles ;
- les épandages des boues de stations d’épuration ;
- les établissements de soins ;
- mais l’une des principales voies d’introduction des médicaments dans l’environnement est la dispersion des médicaments au travers des déchets ménagers.
Les rejets les plus préoccupants sont ceux qui concernent les anti-cancéreux, certains antibiotiques et les produits de contraste qui sont rejetés dans les eaux usées des hôpitaux car ils sont très difficiles à détruire dans les stations d’épuration et ils ont donc la possibilité de se répartir dans tout l’écosystème. Les boues des stations d’épuration urbaines sont devenues problématiques car avec l’autorisation d’usage pour amender des terres agricoles, on peut retrouver des résidus médicamenteux dans les sols, donc aussi dans les végétaux cultivés ou chez les animaux qui paissent dans les prairies.

Les solutions

Les démarches de qualité entreprises déjà dans les sites de production chimique et pharmaceutique, se poursuivent avec des certifications environnementales. On renforce de plus en plus la surveillance des rejets dans l’environnement des industries chimiques et pharmaceutiques, des établissements de soins, des élevages industriels et piscicoles. Enfin, le rôle des pharmaciens d’officine est primordial dans la sensibilisation et l’éducation thérapeutique et environnementale du public.

Des associations se créent aussi pour réagir. Par exemple, Cyclamed est un éco-organisme, réunissant l’ensemble de la profession pharmaceutique, les pharmaciens d’officine, les grossistes répartiteurs et les entreprises du médicament. Approuvée par les pouvoirs publics, elle a pour mission de collecter et valoriser les Médicaments Non Utilisés (MNU) à usage humain, périmés ou non, rapportés par les patients dans les pharmacies.

Le dispositif s’adresse donc uniquement aux déchets en provenance des ménages et en aucun cas aux déchets des hôpitaux, cliniques ou des professionnels. L’objectif est de sécuriser l’élimination des médicaments non utilisés, afin de préserver l’environnement et sa santé publique. Les médicaments collectés sont les médicaments non utilisés à usage humain, vendus puis rapportés en pharmacie, qu’ils soient périmés ou non. Ils concernent toutes les formes galéniques : comprimés, gélules, sirops, pommades...

Votre Pharmacien va plus loin

Depuis longtemps, de nombreuses professions ont engagé une démarche qualité, et récemment, les professionnels de la santé ont, à leur tour, commencé à mettre en place des actions pour améliorer la qualité des prestations qu’ils proposent afin d’améliorer le service rendu à leurs patients. Certaines officines ont cherché en plus une reconnaissance extérieure de la qualité de leur prestation. Elles ont donc demandé à un organisme indépendant une certification utilisant des référentiels spécifiquement adaptés à leur métier. C’est cette recherche permanente de la perfection, du « zéro défaut » qui doit aboutir à la pleine sécurisation des actes pharmaceutiques et, par la même occasion, à la satisfaction des patients et cela dans le respect de leur environnement, puisque un volet spécial de cette démarche Qualité concerne l’environnement.

Philippe Wolff


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