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Le cassis a tout pour plaire

Plébiscité depuis longtemps pour son goût agréable, les diverses préparations à base de cassis sont très appréciées. Et puisqu’on ne prête qu’aux riches, il est de surcroît traditionnellement considéré comme un remède efficace face aux méfaits du temps. Force est de constater que ce brave arbuste ne manque effectivement pas de vertus !

Il préfère l’ombre...

Les versants de l’Himalaya et les climats tempérés d’Europe ou d’Asie Centrale sont les terres d’accueil privilégiées par le cassis. Appelé aussi groseillier noir, cet arbuste prospère volontiers dans les lieux humides et ombragés. D’ailleurs, même s’il perd ses feuilles chaque hiver, le cassis supporte la rigueur de cette saison bien mieux que beaucoup d’autres arbres fruitiers. Ribes Nigrum (la rhubarbe noire) est son nom botanique : Ribes est en fait un mot d’origine arabe qui désigne la rhubarbe dont le goût aigrelet est comparable à celui du cassis.

...mais sa renommée est mondiale

Du grec Kassia (un arbre aux vertus purgatives), il mesure environ 1,5 m de haut et possède des baies noires pulpeuses qui poussent en grappes. En France, la culture du cassissier remonte au 16e siècle et c’est notamment en Bourgogne qu’on confectionne une liqueur résultant de la macération des baies de cassis.

Quant au fameux Kir, on le doit au maire de Dijon du même nom et chanoine de son état. Après la seconde guerre mondiale, celui-ci fit habilement promouvoir auprès de ces prestigieux invités ce mélange de vin blanc et de liqueur de cassis qui fit du Kir un succès mondial. Et puis, dans la version sans alcool, notons aussi qu’il existe des infusions de feuilles ou de baies de cassis prisées par de nombreux amateurs...

Le rôle des anthocyanes

Les baies de cassis doivent leur couleur aux pigments végétaux qui les composent et que l’on nomme anthocyanes. Ces dernières font du cassis un veinotonique efficace dans le traitement des troubles circulatoires (contre les jambes lourdes par exemple), face à la fragilité capillaire (notamment la couperose) et contre la diarrhée.

Les anthocyanes améliorent aussi la qualité de notre vue. Non seulement elles permettent de rendre notre vision nocturne plus efficace mais de plus une étude récente a démontrée que la fatigue visuelle (causée par exemple par une longue période devant un ordinateur) est moins importante pour les personnes ayant consommé un concentré d’anthocyanes tirées du cassis.

Un antioxydant intéressant

Les anthocyanes des baies de cassis agissent enfin contre le vieillissement de nos vaisseaux sanguins en limitant les effets néfastes des radicaux libres. Pour cela leur méthode est radicale : elles les piègent et les retiennent en captivité ! Les anthocyanes - tout comme la vitamine C également contenue dans le fruit - participent à la protection de notre système cardio-vasculaire.

La teneur en vitamine C du cassis est d’ailleurs remarquable. Se plaçant juste après le cynorrhodon et surtout l’indétrônable argousier, les baies en sont par exemple bien mieux pourvues que l’orange (200 mg pour 100 grammes de cassis contre 53 mg à l’orange). D’autant plus que les fruits de cassis se conservent longtemps sans perdre de leurs qualités nutritionnelles.

Les feuilles pour éliminer

Les feuilles de cassis - qu’il faut de préférence récolter au début de l’été - ont quant à elles fait la preuve de leur efficacité comme diurétiques. En facilitant les fonctions d’élimination de l’organisme, elles luttent contre les rhumatismes, les problèmes d’arthrite et de goutte. Ces feuilles ont aussi des propriétés anti-inflammatoires qu’elles doivent à différents tanins et flavonoïdes dont l’action est encore plus efficace si elle est associée à d’autres plantes médicinales (Frêne, Bouleau, Vigne Rouge notamment).

Le Cassis pour lutter :

Contre les douleurs rhumatismales :

Infuser 10 g de feuilles séchées dans 250 ml d’eau bouillante durant 15 minutes et prendre deux tasses par jour

Contre les piqûres d’insectes :

Frotter sur la peau quelques feuilles de cassis froissées

Contre le mal de gorge ou la toux :

Dès les premiers symptômes, boire du jus de cassis plusieurs fois par jour

Contre la diarrhée :

Consommer les baies de cassis telles quelles ou en extraire le jus (boire quelques verres par jour) ; les feuilles consommées en tisane sont également efficaces.

L’huile de cassis : à ne pas négliger

Les graines de cassis s’avèrent être une source d’acides gras équilibrée entre les apports nécessaires en Oméga 3 et Oméga 6. Même si, dans ce domaine on lui préfère l’huile d’onagre (beaucoup plus commercialisée à l’heure actuelle), cette dernière vertu ne fait que confirmer l’intérêt de la consommation de cassis pour une bonne protection de notre système cardio-vasculaire.

Philippe Wolff


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