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N°48 - juin 2009 > CONSEILS SANTÉ

Lait maternel ou laits infantiles ?

Le lait apporte tout ce qui est nécessaire à l’enfant pendant les quatre à six premiers mois de sa vie, au cours desquels ses besoins nutritionnels sont très spécifiques. Puis l’alimentation peut être progressivement diversifiée, avec les conseils de votre pharmacien.

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Conseils santé

Vive le lait de maman
Tant sur le plan quantitatif que qualitatif, les besoins nutritionnels des bébés sont très spécifiques. Il faut dire que jusqu’à l’âge de trois ans, l’enfant double sa taille et quadruple son poids ! Son alimentation doit donc lui apporter suffisamment d’acides gras essentiels pour nourrir le cerveau, assez de fer pour accompagner sa croissance mais pas trop de protéines pour éviter que son métabolisme ne soit surchargé.

De l’avis de tous les experts, l’allaitement maternel est le plus adapté aux besoins du nouveau-né. L’Académie de médecine vient d’ailleurs de se prononcer en ce sens au début de cette année en soulignant « la supériorité sur le lait de vache ou les formules pour nourrisson obtenues à partir du lait de vache. »

Les raisons ? Outre des arguments économiques et pratiques, le lait maternel permet de diminuer la survenue d’infections respiratoires et intestinales, de diminuer le risque de mort subite du nourrisson, de l’obésité, du diabète de type 1 chez l’enfant et des maladies cardiovasculaires à l’âge adulte. Il contribuerait également à la prévention des allergies, notamment en cas d’antécédents familiaux.

C’est le bébé qui décide…
Pour la réussite de l’allaitement, les premiers jours sont essentiels. La mise au sein doit être précoce pour favoriser la montée de lait mais la quantité de lait que produit une maman ne dépend pas de ses apports nutritionnels mais bien des besoins du bébé (plus l’enfant tète, plus le volume de lait produit par la maman est important). Notez que l’appétit du nourrisson peut varier d’un repas à l’autre et d’un jour à l’autre. De plus, la régularité et la fréquence des tétées permettent de maintenir la production de lait (il n’y a aucun rapport entre la taille des seins et la sécrétion lactée).

Attention, une maman qui allaite doit boire beaucoup, manger équilibré et éviter de consommer tabac, alcool ou café.

Des laits pour nourrissons
À défaut d’allaitement, les substituts du lait maternel sont des préparations industrielles dont la composition est très encadrée.

Fabriqués à partir de protéines de lait de vache, des lipides, glucides, vitamines, minéraux et oligo-éléments y sont ajoutés en fonction de l’objectif nutritionnel et de l’âge de l’enfant : leur utilisation est fortement conseillée jusqu’à 12 mois car le lait de vache est trop pauvre en fer, en acides gras essentiels et en vitamine C d’une part, et trop riche en protéines et en sodium d’autre part.

La quantité de lait donnée est décidée en fonction des demandes du nourrisson, comme pour un allaitement au sein (prévoyez en moyenne six biberons quotidiens). Chez votre pharmacien, vous trouverez des laits de qualité et sécurisés, qui vous seront conseillés en fonction des besoins ou des problèmes particuliers de votre enfant (comme un terrain allergique, des diarrhées, des régurgitations, etc.)

Dans tous les cas, les laits, artificiels ou naturels, doivent absolument rester l’aliment de base jusqu’à la première année de l’enfant.

Une diversification progressive
Les laits de croissance prennent ensuite le relais à partir de 10 ou 12 mois et jusqu’à 3 ans. Ils sont à privilégier par rapport au lait de vache dans cette tranche d’âge car ils sont enrichis en fer et en vitamines, avec un taux de protéines ajusté aux besoins de l’enfant. À défaut, utilisez du lait de vache entier et non pas du demi-écrémé trop pauvre en acides gras.

Concernant la diversification alimentaire, elle doit se situer entre 5 et 7 mois : le bébé acquiert peu à peu une maturité digestive, rénale et motrice, avec l’arrivée progressive des légumes sous forme de soupe mixée ou de purée mixée, puis des fruits bien mûrs en compote, sans sucre ajouté. Il est recommandé de n’introduire qu’un seul nouveau légume ou fruit par jour, afin que l’enfant apprenne chaque goût. La viande fait son apparition à 6 mois, ainsi que le poisson non pané ou l’œuf dur.

Cependant le lait reste au premier rang de l’alimentation du nourrisson. Le lait 1er âge doit être employé jusqu’à 4 mois. Puis jusqu’à 1 an, passez au lait de suite ou lait 2e âge. Et lors de la diversification alimentaire, les apports en lait peuvent être fournis par le lait maternel ou 2e âge mais aussi par des petits suisses ou des yaourts.

Philippe Wolff





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