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L’argousier : médaille d’or de la vitamine C

Le goût particulier et les baies juteuses de l’argousier lui ont valu le nom « d’ananas de Sibérie » dans les pays d’ex-URSS. Connu depuis l’antiquité sous le nom d’Hippophaë rhamnoides, pratiquement toutes les parties de cette plante peuvent être employées pour prévenir le vieillissement et renforcer la résistance de nos organismes.

Une récolte riche mais épineuse

Réputé pour sa grande résistance au froid (jusqu’à moins 43°C) et à la sécheresse, l’argousier ne craint pas les sols inondés par l’eau de mer et n’exige que peu d’éléments nutritifs. Ses racines, dont la taille augmente rapidement, lui permettent de résister aux tempêtes et de freiner l’érosion des sols. Répandue à l’origine en Asie et en Europe, cette plante se développe sur les collines et dans les vallées ainsi que dans les zones littorales sablonneuses ou les lits asséchés des torrents de montagne.

Portant de petits bouquets de fleurs jaunâtres au printemps, il se distingue par le mélange coloré de longues feuilles argentées et des baies orangées, que la plante porte à partir de sa quatrième année. L’argousier est une plante dioïque, c’est-à-dire qu’il porte les fleurs mâles et femelles sur des pieds séparés mais nécessairement proches pour permettre une production de fruits pendant près de 30 ans. Récoltés à l’automne, ces fruits comptent parmi les plus nutritifs et vitaminés du monde végétal et bénéficient de la protection rapprochée d’épines qui rend la récolte manuelle difficile.

Utile quand on a la tête dans la lune...

Même si l’argousier est connu depuis l’antiquité et ses vertus médicinales décrites dans un ouvrage classique de la médecine tibétaine du 8e siècle, son utilisation n’en restait pas moins limitée pendant longtemps. Les grecs employaient l’argousier pour favoriser la prise de poids des chevaux et rendre leurs pelages plus luisants, donnant à la plante son nom latin d’Hippophaë rhamnoides (hyppo signifiant cheval et phaos reluire). En Sibérie, on consomme les baies accompagnées de lait et de fromage ou en confiture. Quant aux Canadiens, la robustesse de l’argousier leur permet d’en faire « des coupes vent » efficaces dans les fermes ou au bord des routes.

Mais depuis le milieu du 20e siècle, son utilisation se développe et les scientifiques cherchent à établir les propriétés actives de la plante pour notre santé : bon à savoir pour votre prochain voyage sur la lune, l’argousier protège contre les radiations cosmiques et fut utilisé par les cosmonautes soviétiques sous forme de crème. La Chine se distingue en utilisant la plante sous pratiquement toutes les formes et en fabriquant près de 200 produits différents, notamment un jus d’argousier qui servit de breuvage vitaminé aux sportifs chinois participant aux jeux olympiques de Séoul en 1988.

Une protection anti-vieillissement

Pas surprenant quand on sait que cette plante peut contenir jusqu’à dix vitamines différentes. La teneur en vitamine C contenue dans la pulpe des baies est particulièrement significative en étant par exemple bien supérieure à celle de l’orange. Cela favorise la résistance de l’organisme aux infections et contribue à l’absorption du fer contenu dans les aliments. Sa consommation est donc recommandée pour affronter l’hiver.

Mais la plante se distingue surtout par sa propriété anti-oxydante : les huiles de la pulpe des baies et des graines contiennent des proportions remarquables de zinc, sélénium, flavonoïdes et de vitamines A, C, E qui sont chargées de nous protéger contre les effets néfastes des radicaux libres. Par conséquent, les risques de cancer et de maladies cardio-vasculaires s’en trouvent réduits (grâce à la diminution des graisses dans le sang) ; le vieillissement de la peau est ralenti et les rides sont plus longues à apparaître. La concentration importante en caroténoïde (autrement dit le carotène) contenue dans les feuilles et les fruits aide également à la croissance des tissus de notre organisme et favorise le phénomène de cicatrisation.

Mettez de l’huile !

L’argousier s’utilise sous plusieurs formes dont le jus extrait des baies (riche en vitamine C, en calcium et manganèse) qui doit se consommer entier pour tirer profit de toutes ses propriétés. On en consomme aussi en gelées, confitures, bonbons et tablettes riches en vitamines C. Les préparations d’huile sont nombreuses (cela permet aussi la fabrication de pommades ou de crèmes) et leur teneur importante en acide palmitoléïque permet de traiter les brûlures, plaies et autres blessures cutanées tels que les dermatites ou eczéma. Ses propriétés d’absorption des UV font également de l’huile d’argousier un écran solaire naturel peu exploité pour le moment. Les feuilles des plants mâles de l’argousier peuvent également être utilisées pour la production de thé.

Philippe Wolff


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