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La découverte du pot aux Rosa Gallica Officinalis

Appréciée pour son parfum et ses couleurs, la rose est l’une des fleurs les plus cultivées au monde. Elle est également utilisée depuis bien longtemps pour ses vertus médicinales et odorantes.

Symbole millénaire

Rosa rosa rosam, Rosae rosae rosa, Rosae rosae rosas, Rosarum rosis rosis.

Avant de s’apercevoir « tout bête qu’il y a des épines aux Rosa », Jacques Brel pouvait décliner le plus vieux tango du monde et se joindre ainsi à la longue tradition des poètes célébrant la symbolique de la rose. Mise en valeur depuis l’Antiquité pour sa beauté et les sentiments qu’elle représente, on la retrouve chez les Grecs (symbole d’Aphrodite, la déesse de l’amour) et les Romains où la rose symbolisait également le silence : en effet, Vénus voulant garder au secret ses amours illicites, envoya une rose à Harpocrate, le Dieu du silence, pour obtenir son concours. D’où l’origine de la coutume romaine où une rose pendante au plafond signifiait que les ébats ou confidences échangées dans la pièce devaient rester confidentiels (sub rosa, entre nous, sous la rose).

Plus tard, la rose fut au cœur d’un ouvrage médiéval à l’immense influence, le Roman de la Rose, qui décrit dans sa première partie la cour faite par un homme à sa bien-aimée : « (il) renferme tout l’Art d’amour. La matière en est bonne et neuve. Que Dieu me fasse la grâce que celle-là l’agrée, à qui je le destine : c’est celle qui a tant de prix et qui est si digne d’être aimée qu’on doit l’appeler la Rose » (Guillaume de Lorris, vers 1230).

La rose est également le symbole de nombreux pays, au premier rang desquels nos voisins anglais – on la retrouve par exemple sur le maillot de l’équipe nationale de rugby – depuis la fin de la guerre civile des Deux-Roses, qui opposa la maison royale de Lancaster (dont l’emblème était une rose rouge) et la maison royale d’York (rose blanche). Ce conflit s’acheva par le mariage d’Henri VII avec Elisabeth d’York et l’union des deux roses en une seule : la rose Tudor, rouge et blanche.

La rose de Provins

Fleur des rosiers (de la famille des rosacées), la rose se cultive depuis plus de 5 000 ans et propose de très nombreuses variétés. En phytothérapie c’est du côté de la Rosa Gallica Officinalis qu’il faut se tourner : c’est l’une des espèces les plus anciennement cultivées et servait déjà aux Romains pour la confection de couronnes de pétales et des coussins. Lors des fêtes, les pétales étaient d’ailleurs mangés.

Selon la tradition, c’est Thibaut IV de Champagne, dit Thibaut le Chansonnier, prince plus mélancolique que querelleur, qui l’aurait introduit en France vers 1240, de retour d’une croisade en Terre Sainte : les plantations dans la région de Provins furent si importantes et célèbres que la rose rouge devint rapidement l’un des symboles de la ville (d’ailleurs ne l’appelle-t-on pas également la rose de Provins ?). La capitale de la Brie en fit un commerce de renommée mondiale, notamment au cours des grandes foires médiévales de Champagne (infusions, sirops, eau, parfums, conserves sèches, etc.)

La tradition perdure aujourd’hui encore puisqu’on y fabrique toujours artisanalement des confitures de roses, du miel, de la liqueur, du sirop, des bonbons ainsi que des gâteaux, qui font de Provins la capitale des confiseries à la rose.

Les vertus de la rose

La rose de Provins fut régulièrement utilisée pour son effet légèrement astringent. Les pétales et les boutons étaient utilisés en tisanes contre la diarrhée, les maux de ventre et les digestions difficiles (infusion de 20 gr de pétales de roses par litre d’eau à laisser infuser 10 min., 3 tasses par jour avant les repas).

En usage externe, on leur prêtait des vertus contre les aphtes (bains de bouche) et pour soulager les affections oculaires (lavages oculaires ou compresses : 2 à 3 pincées de pétales de roses pour une tasse d’eau bouillante à laisser infuser 10 minutes.

Pour rester frais… comme une rose

L’essence de rose quant à elle (ou huile essentielle) est extraite par distillation ou enfleurage (en captant l’essence grâce à de la graisse) qui sert également à la production de l’eau de rose, utilisée en cuisine comme aromatisante ou adoucissante pour la peau. L’essence de rose est employée en aromathérapie comme sédatif léger et anti-inflammatoire et bien sûr en cosmétique (parfums, désodorisants, etc.)

Philippe Wolff


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