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L’arnica : une plante de choc

Appelée également herbe aux chutes, Arnique des montagnes, Plantain des Alpes, tabac des Vosges, l’Arnica Montana de la famille des Composacées est une plante vivace fréquente en montagne entre 800 et 2 400 m, dans les terrains granitiques et siliceux et les pâturages d’altitude (Vosges, Alpes, Jura, Europe centrale, Amérique du Nord et Sibérie). Sa tige d’un demi mètre environ se termine par une fleur d’un beau jaune d’or ressemblant à une marguerite ou à un souci que l’on ramasse entre juin et août.


Une plante populaire
En Europe, l’arnica a toujours fait partie de la pharmacopée populaire et Sainte Hildegarde, abbesse de Rupertsberg, près de Bingen, décrivit au Moyen-Âge, les propriétés de l’arnica contre les contusions et les ecchymoses. La marquise de Sévigné, toujours à l’affût de recettes médicinales recommandait contre les coups « l’eau d’arquebusade », simple macération d’arnica, de Bétoine et d’Euphorbe. Mais c’est au XVIIIe siècle que fut élaborée la préparation définitive, encore en cours aujourd’hui de la teinture d’arnica.

Si, dans le passé, cette plante a servi à de multiples usages comme la lutte contre l’acné, la coloration des cheveux, la cicatrisation des plaies, le soin des entorses et même comme « succédané de tabac » chez les montagnards, elle est de nos jours un résolutif efficace contre les contusions.

Un véritable anti-inflammatoire
L’usage actuel reconnu à la pharmacopée officielle est l’effet vulnéraire (résolutif contre les contusions). L’arnica stimule la circulation du sang et son action anti-inflammatoire serait due à une combinaison de carotène et de manganèse. Cela se manifeste par une régularisation de la circulation périphérique et une augmentation de la résistance locale des muqueuses.
Elle a aussi une action antibactérienne, grâce à l’acide caféique et aux carbures polyacétyléniques. Elle est utilisée pour soigner les contusions, ecchymoses et traumatismes sans plaie.

Le remède indispensable des traumatismes
Il est indiqué pour le traumatisme physique aux os et muscles, avec gonflement, douleur (bleus, ecchymoses, hémorragies), coups, impossibilité de bouger après un choc et d’une manière générale pour les traumatismes généraux ou localisés : suites opératoires, suites de couches, petites hémorragies, tous les chocs, chutes, suite de travaux pénibles, de longues marches.

En fait, l’usage principal de l’arnica est de limiter la formation des hématomes et de réduire le temps de convalescence. Les feuilles et les fleurs sont utilisées en cataplasme après avoir été froissées, ou les fleurs en décoction dans l’eau bouillante, à raison de 5 à 10 g par litre d’eau contre les coups et les chutes. La teinture d’arnica doit toujours s’utiliser coupée de moitié avec de l’eau.

Les pommades contenant de la teinture d’arnica comme principe actif font classiquement partie de la trousse de secours. Attention, l’arnica doit s’appliquer sur les contusions, bosses, meurtrissures, mais jamais sur les plaies ouvertes.

Usage interne : à réserver à l’homéopathie
L’arnica est toxique, même à faibles doses. Son utilisation interne en décoction ou en teinture, parfois indiquée en cas d’angine ou de troubles cardiaques, doit donc être contrôlée par un médecin.
En effet, c’est un irritant des muqueuses, ainsi que du tube digestif et des reins. L’arnicine qu’elle contient est un médicament et un poison pour le cœur. Elle peut provoquer, au-delà de 4 à 8 g par litre une altération profonde du système nerveux, avec sueurs froides et hémorragies. Elle est donc bien trop dangereuse à employer, pour qu’on puisse la recommander pour l’usage interne.
Cependant elle est parfaitement inoffensive et couramment employée avec efficacité en homéopathie, avec son principe de dilutions infinitésimales. On la prend alors sous forme de doses ou de granules.

Avant et après toute intervention chirurgicale et au cabinet dentaire aussi, on peut prendre arnica en granules de 5 ou 7 CH, trois granules toutes les deux heures jusqu’à amélioration.

Pour l’enfant qui fait du sport, c’est une médication utile que cela soit en entraînement ou en fatigue psychique, affaiblissement musculaire.

Josette Prim


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